Une aventure de poche #7… De Montauban à Toulouse, en suivant le fil de l’eau

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Je l’avoue, la navigation somnolente à bord d’une péniche de location, d’écluse en écluse, avec ses nuits humides et ses pique-niques moustiqueux, ne m’a jamais attiré. C’est autre chose de pédaler ou de marcher le long des canaux. Sur ce long ruban de goudron rectiligne, sans rupture ni intersection, couvrir une longue distance à pied est un exercice certes monotone, mais propice au recueillement.

Voilà pourquoi Julie et moi avons choisi de revenir en marchant de l’Honor de Cos, le petit village des hauteurs de Montauban où un couple d’amis nous a accueillis le week-end. Il faut compter environ 80 kms jusqu’à l’appartement toulousain de Julie, la plus grande partie en suivant des canaux : d’abord le canal de Montech, issu de Montauban, puis le canal latéral à la Garonne qui nous conduira à la ville rose. Un trajet simple et sans surprise que nous avons choisi de couper en deux en louant, à mi-chemin, une chambre dans une maison de village.

Nous avons pris le départ en début de matinée, sous un soleil d’automne déjà oblique. Les départementales que nous suivons n’ont que faire des piétons, rejetés dans le fossé, sur la bordure herbeuse du goudron. Heureusement, l’entrée dans la banlieue de Montauban voir le retour des trottoirs et d’une marche plus sûre, à distance des automobiles. Nous déjeunons dans le seul restaurant ouvert, dont nous sommes aussi les seuls clients.
Puis nous enfilons le canal que parcourent en même temps que nous, en promenade digestive, des familles des environs. Les marcheurs du dimanche relient une écluse à la suivante, plus rarement à celle d’après. C’est un plaisir et une petite fierté, pour nous randonneurs urbains, de poursuivre notre route tandis qu’ils rebroussent chemin.

Nous parvenons à l’étape en pleine nuit. La pluie s’est mise à tomber, mais cessera à l’aube. Nous nous levons avec le soleil, dénichons un café, le seul ouvert des environs, pour notre collation matinale, et rejoignons le canal tapissé de feuilles mortes. Dès lors, c’est tout droit jusqu’au chef-lieu de la région Occitanie.
Parallèle à la Garonne, comme son nom l’indique, le canal s’en tient à bonne distance et manœuvre assez habilement pour éviter tous les obstacles : des usines géantes, des hypermarchés qui saturent la banlieue toulousaine. Le but est atteint en début de soirée. Nous avons, quelques kilomètres auparavant, relâché le fil d’eau que nous suivions depuis Montauban.

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